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Voyage de pêche à la mouche sur le Rio Gallegos - Voyage 2006 et et Jour 1

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Loop Adventures - Voyages de pêche

Rio Gallegos

Voyages de Pêche à la Mouche
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Bienvenue à Las Buitreras !
Bienvenue à Las Buitreras !
Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
(Photo Thierry Willems)
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Diego A. Coscia, dit "Pollo", et une truite de mer du Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
Diego A. Coscia, dit "Pollo",
et une truite de mer du Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
(Photo Thierry Willems)
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Vendredi 17 février 2006

5h30 : C’est parti ! Je retourne pêcher la truite de mer sur le Rio Gallegos, en Argentine, dans le sud de la Patagonie. C’est la troisième fois que j’y vais. Cette fois-ci, je n’ai pas pu obtenir de vol direct Paris-Buneos Aires, sauf à débourser plus de 5 000 euros ! Je passe donc par les Etats-Unis, sur United Airlines, Chicago à l’aller, Washington au retour. Cela double la distance, mais le prix du billet est descendu à 864 euros, ce qui est davantage acceptable. Au retour, l’escale à Washington durant 11 heures, j’en profiterai pour faire un tour en ville : je ne suis jamais allé à Washington.

En route pour Roissy, je passe prendre André Rivière chez lui. Il habite à une trentaine de kilomètres de chez moi. André m’a souvent accompagné dans mes voyages de pêche en Russie. Il est déjà venu pêcher le Rio Gallegos en 2004. Le vol pour Chicago est à 11h40. Nous arrivons à l’enregistrement à 8h40. Là, on nous annonce que le vol est retardé de 2 heures. Nous traînons dans l’aérogare 1, et découvrons l’extrême pauvreté des possibilités de restauration de ce terminal. Nous restons assis pendant 1h½ sur des tabourets que nous avons eu la chance de trouver pour prendre notre petit déjeuner, puis errons dans l’aérogare avant de nous diriger vers la porte d’embarquement où nous pouvons tout de même nous asseoir plus confortablement. Le vol aura finalement 4 heures de retard au départ : 2 heures pour cause de mauvais temps sur Chicago la veille ; et 2 heures pour cause de grève d’une partie du personnel chargé des plateaux repas : normal, en France, ce sont les vacances de février…

Arrivés à Chicago, nous apprenons que le vol pour Buenos Aires a 11 heures de retard ! Nous sommes logés aux frais de la compagnie aérienne, mais nous ratons évidemment notre correspondance pour Rio Gallegos où nous arrivons finalement le dimanche à 13h, au lieu du samedi à 19h30. D’où mon conseil : au lieu de partir le vendredi de France, partez, si vous le pouvez, le jeudi. Vous passerez une journée à Buenos Aires, qui est une grande ville dont le centre est très agréable à visiter. Et si votre avion prend du retard, vous arriverez quand même à l’heure à Rio Gallegos et ne perdrez rien de l’essentiel : la pêche.

Dimanche 19 février

A notre arrivée, nous sommes accueillis par un apéritif avant de passer à table. Le déjeuner est le principal repas de la journée. Comme d’habitude, tout est bon. Quatre autres pêcheurs sont là. Ce sont tous des Suédois : Pierre Eliasson, Hasse Schönfeldt, Lars Johansson et Per Fossberg. Nous apprenons que ce dimanche matin, Per a attrapé 4 truites de mer, Pierre 2, Lars 1. Hasse n’a rien attrapé, mais il a passé beaucoup de temps à prendre des photos. C’est un excellent début pour ce voyage de pêche.

Ensuite, nous nous préparons. Mais nous avons tout le temps car après le déjeuner et jusqu’à 16, 17 ou 18 heures, en fonction du temps qu’il fait, c’est la sieste. Nous sommes au sud de l’Amérique du Sud, et, fréquemment, le vent se lève vers midi pour souffler très fort en début d’après-midi. Tellement fort qu’il devient très difficile, voire impossible de pêcher. C’est pourquoi le repas du midi est le principal de la journée, et la sieste a été instaurée.

A 17h, donc, les guides viennent nous chercher pour nous emmener à la pêche. Cet après-midi, il fait beau et nous avons Pollo (prononcez Pocho).

Il m’emmène avec André en amont du Lodge et du pont. C’est une zone que je connais bien, mais où je n’ai jamais rien pris d’autre que des truites faRios. Mais je sais qu’il y aussi des truites de mer et qu’il s’en prend régulièrement. Pollo place André en amont, et il me fait pêcher une centaine de mètres en aval. Il nous conseille de pêcher avec une petite nymphe casquée. André attrape une jolie faRio. Je ne fais rien. J’ai eu une touche, mais j’ai raté le poisson.

Vers 20h, Pollo nous ramène au pont qui est situé non loin du Lodge. Il fait pêcher André l’amont immédiat du pont. Logique, il y a toujours quelques poissons qui se calent sous ce pont, comme sous tous les ponts de la planète sans doute. Et il me place en rive droite à une cinquantaine de mètres en aval du pont, un coin que je connais bien. La rivière y est assez large, mais sur une quinzaine de mètres, la rive droite est très peu profonde. Il faut donc s’avancer dans l’eau jusqu’à une ligne d’herbiers. Au-delà, le lit se creuse, et c’est là qu’il faut naturellement pêcher. La technique est simple. Il faut lancer le plus loin possible en direction de l’autre berge, dont le profond est également délimité par une ligne d’herbiers. L’idéal est de placer la mouche au ras de l’herbier opposé. Facile, sauf qu’il faut réellement lancer loin, et le moindre souffle de vent mal placé rend la tâche ardue. Heureusement, j’ai un superbe ensemble : une canne Loop Yellow Line de 9’3 pour soie de 7 ; une soie Loop Multi WF7 à tête intermédiaire transparente ; un bas de ligne Loop Multi d’environ 5.50 mètres terminé d’une pointe en fil Loop en 28 centièmes ; un moulinet Loop Evotec CLW 5eight garni de 150 mètres de backing Loop Tecbraid en 30 livres.

Pour ce secteur, je change de mouche et j’en choisis une qui était efficace l’an passé : une “Rubber Legs”, une mouche avec des pattes en élastique. Celle que j’avais l’an passé est totalement détruite : je l’avais même réparée à deux reprises ! J’en ai monté une ce midi pendant la sieste. Pollo hoche la tête en la voyant. “Ok, essaie-là !” me dit-il en rigolant. André lance un regard réprobateur : “Ce machin-là, j’ai du mal à y croire.” Pollo s’éloigne pour aller bricoler je ne sais quoi, et nous laisse seuls. En ramenant j’ai une touche, que je rate. C’est prometteur. Je continue de lancer, en m’appliquant à poser la mouche le plus près possible de l’herbier d’en face. Tout à coup, je sens une touche énergique : une truite de mer ! Elle a bien pris ma mouche, et secoue énergiquement la tête, comme pour s’en débarrasser… S’en suit une superbe bagarre faite de rushs et de sauts en l’air. C’est un beau poisson. André continue de pêcher plus haut. Le guide n’est pas là. Je dois me débrouiller tout seul. Dommage, personne n’est là pour prendre des photos. La truite de mer se fatigue ; moi aussi. Lentement je regagne la berge en marchant à reculons. Il faut que je fasse passer l’herbier à la truite de mer, sans qu’elle plonge dedans. J’y parviens et tire le poisson vers la berge. Bien entendu, le manque de fond ne semble pas lui plaire. C’est vraiment une belle truite de mer et j’appelle André : “Ce serait dommage de la remettre à l’eau sans faire de photo : viens m’apporter mon appareil !” A ce moment, Pollo réapparaît. Il ouvre des yeux grands comme des soucoupes en voyant que j’essaie d’échouer une truite de mer. Il se met à courir dans ma direction pour m’aider, mais je lui demande d’aller me chercher mon appareil photo, ce qu’il fait à contrecœur : l’important, pour lui, c’est de ne pas perdre le poisson. Quand il arrive, ainsi qu’André, j’ai échoué la truite de mer, un joli poisson d’environ 5 kilos. Séance photo, remise à l’eau du poisson qui repart sans demander son reste. Pendant ce temps, et sans que nous en rendions compte, André a changé de mouche, et Pollo le voit partir avec une mouche à pattes en élastique dont je lui avais expliqué le montage au téléphone, quelque temps avant notre départ. Pollo me tire par la manche pour attirer mon attention et il éclate de rire. “J’ai vraiment du mal à croire qu’une truite de mer puisse prendre un machin pareil, mais enfin, je vais quand même essayer” maugrée André en s’éloignant.

Nous continuons à pêcher là une dizaine de minutes, puis Pollo nous fait signe de revenir pour changer de coin. Nous mettons les cannes sur le 4x4 et Pollo nous conduit à l’aval du secteur que nous pêchons ce soir. Là, la rivière est large et profonde. Une barrière blanche tombe dans l’eau, délimitant le secteur. Je pêche en amont d’André à présent. La tecnhique consiste à lancer le plus loin possible, à 90°, en direction de la berge opposée. Impossible de l’atteindre, il faudrait tirer à 60 mètres… On laisse ensuite descendre un peu la mouche et on récupère par petites saccades pour animer la mouche. Très vite, André a une touche et se retrouve aux prises avec une autre jolie truite de mer qui lui livre un super combat. Il faut dire qu’elle a de la place. Il finit par l’amener à la berge. Difficile de prendre des photos, il commence à se faire tard. Elle fait dans les 4 kilos.

On se remet à pêcher. André me signale avoir vu une truite de mer marsouiner devant lui. “Fais attention, elle est peut-être pour toi” me dit-il. Deux lancers plus tard, elle est au bout de ma ligne. A moins que ça n’en soit une autre… Jolie bagarre à nouveau. Cette fois, impossible de prendre une photo, il n’y a vraiment plus assez de lumière. Elle fait environ 2.5 kilos.

On continue à pêcher. André a une autre touche ! La truite de mer fait un rush. “Décrochée !” me dit-il. “Non, cassé !”. Il remet une mouche, continue de pêcher une bonne dizaine de minutes, aperçoit d’autres poissons, mais le moment magique est passé. Nous rentrons au Lodge. Il est environ 22h.

Si le repas du midi est le principal de la journée, il ne faut pas croire que l’on nous laisse mourir de faim le soir. Quand nous rentrons, la serveuse nous propose un verre à boire, du vin, de la bière, un soda ou toute autre chose. Puis, quand tout le monde est rentré et installé, vers 22h45 donc, elle nous apporte des pizzas faites sur place par le chef ou de la truite de mer préparée façon sushi, par exemple. De la truite de mer ? Rassurez-vous, nous remettons tous nos poissons capturés à l’eau. Mais il arrive qu’un poisson soit blessé ou littéralement mort de fatigue : il ne repart pas. Inutile de le perdre en ce cas, mieux vaut le manger. Je sais, c’est dangereux, car si le poisson est bien préparé, ça peut en dégoûter certains du no-kill…

Bavardages, discussions… A minuit, le personnel s’en va en coupant le groupe électrogène qui nous délivre de l’électricité. Avant cela, Martina, la responsable du Lodge, allume des lampes à gaz afin que nous ne tombions pas dans l’obscurité. Petit à petit, chacun s’en va se coucher, la tête pleine de souvenirs. Notre voyage de pêche a bien débuté : tout le monde a pris du poisson.

Suite

André Rivière et une truite de mer prise le soir, Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
André Rivière et une truite de mer prise le soir.
Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
(Photo Thierry Willems)
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