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Voyage de pêche à la mouche sur le Rio Gallegos - Jour 2

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Loop Adventures - Voyages de pêche

Rio Gallegos

Voyages de Pêche à la Mouche
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André Rivière en train de changer de mouche à truite de mer, Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
André Rivière en train de changer de mouche à truite de mer
Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
(Photo Thierry Willems)
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Lundi 20 février, matin

C'est le deuxième jour de notre voyage de pêche, mais j'ai l'impression que c'est le premier, alors que nous sommes lundi et que nous avons quitté la France vendredi. Le réveil est à 7h du matin. C’est l’heure à laquelle le groupe électrogène est mis en marche. 5 minutes après, il y a de l’eau chaude pour prendre une douche. A 7h30, petit déjeuner. A 8h, les guides viennent nous chercher pour nous emmener devinez où : à la pêche !

Ce matin, nous avons Juan-Carlos. C’est un grand gaillard costaud arborant une polaire rouge. C’est une belle journée, sans nuage, qui s’annonce. Pour aller à la plage, c’est super. Mais pour aller pêcher la truite de mer à la mouche, ce n’est pas fameux. Nous pêchons le secteur en aval de la barrière où nous nous étions arrêtés la veille au soir. Nous commençons par un super pool où je n’ai jamais rien pris, mais l’an passé, Hugh Curry, un Canadien avec qui je pêchais, a pris une jolie truite de mer. André pêche en amont, je pêche en aval. Rien, absolument rien, pas une touche. Juan-Carlos est surpris. La veille, il s’est pris 4 truites de mer sur ce pool. Un vent d’amont se lève en André perd sa casquette, qu’il ne retrouvera pas.

Juan-Carlos nous change de pool et retourne scruter l’eau à la recherche de la casquette perdue. Rien, toujours rien, si ce n’est une faRio pour André.

Nous changeons à nouveau de pool. Celui-là, je le connais. Je n’y ai jamais rien fait non plus, mais je sais que c’est un bon pool car d’autres pêcheurs ont eu plus de chance que moi. Juan-Carlos me conseille une petite nymphe noire casquée. “Tu poses tout contre la berge d’en face, tu laisses couler 3 ou 4 secondes, puis tu ramènes tout doucement en tricotant la soie” me dit-il. Et il part voir André qui pêche un peu plus haut.

Je pêche en marchant dans l’eau, vers la rive gauche. Celle-ci est assez abrupte, et le profond se situe tout contre elle, car la rivière décrit un lent virage à droite. En ramenant, j’ai une touche que je rate. Peut-être une faRio. Je continue à pêcher. Sur la rive droite, un peu en aval de moi, les buissons s’animent. Un animal est en train de se déplacer ou de fouiller. J’essaie de le voir, mais je ne vois que les branches et les feuilles qui bougent. Il doit pourtant être asses gros. C’est à ce moment-là que tac, je ressens une touche. Je tends la ligne, une truite de mer est au bout. Jolie bagarre, mais ce n’est pas un très gros poisson, 2.5 kilos environ. Juan-Carlos est accouru, mais je m’en sors bien tout seul. Il arrive alors que je m’apprête à remettre le poisson à l’eau. Ça se voit qu’il est content. La mouche qu’il a choisie, la technique qu’il a préconisée ont fonctionné. “Oh, et tu n’as pas encore pêché l’aval du pool ? C’est meilleur. Tu peux encore en faire une autre” me dit-il. Décidément, je suis content d'avoir entrepris ce voyage de pêche. Mais, malgré mes efforts, je n’ai pas d’autre touche. Il est 13h, l’heure de rentrer déjeuner. André a pris 3 truites faRios, mais pas de truite de mer.

Lundi 20 février, après-midi

17h. C’est Klaus qui nous emmène. Klaus Frimor n’est pas guide de pêche : c’est le chef de camp. Il est Danois, et représente Loop en Islande. Il est également instructeur de lancer mouche. Il a appris avec Göran Andersson. C’est l’un des meilleurs lanceurs au monde. Nous devions avoir Diego comme guide, mais Diego a eu un accident de voiture le matin sur la route de Rio Gallegos. Il a perdu le contrôle de sa voiture et il a fait des tonneaux avec. Il était tout seul à bord. Heureusement, il n’a rien, mais la voiture a besoin de quelques menues réparations…

Klaus nous conduit directement au parcours le plus en aval. Il me dit que nous pêchons la zone la plus en aval et la plus en amont du parcours. En roulant vite, il y en a pour une bonne ½h de voiture. Autrement, il faut compter 1h. Klaus a l’habitude du 4x4 et des chemins empierrés. Il connaît les chemins par cœur, avec leurs trous et leurs bosses qu’il évite soigneusement… à chaque fois qu’il peut. “Ce sont deux très bonnes zones. La zone amont est la meilleure, mais ça serait dommage de ne pas faire l’aval.”

Klaus place André sur un secteur. Puis nous remontons la rivière sur une bonne centaine de mètres. Nous sommes en hauteur par rapport à elle. Il y a une île dans le milieu. Klaus me conseille de mettre une Montana casquée, de lancer perpendiculaire à la berge, de laisser couler environ 5 secondes, puis de récupérer la nymphe par petites tirées asses rapides. Le vent m’aide à lancer loin. Mais parfois il change de direction et rend le lancer hasardeux. Je pêche soigneusement le pool, mais rien. Pas une touche. Pas un poisson ne se montre. “Bon, dernier lancer et on change de pool”. Tac, une touche. Le poisson est nerveux, se défend bien, mais pas comme d’habitude. Bien vite je me rends compte que ce n’est pas une truite de mer mais une faRio. André a touché quelques faRios. Pas de truite de mer.

Klaus nous conduit à 10 minutes en amont. Il me montre où pêcher, et s’en va avec André plus en amont. Je monte ma Rubber Legs, et au bout de quelques lancer je touche une faRio. Puis une autre encore, mais plus belle cette fois-ci. Je change de coin, remonte la rivière, la traverse pour pêcher un pool situé contre la berge droite. Mais je ne fais rien. André et Klaus redescendent. André a pris une truite de mer d’environ 4 kilos qui lui a redonné le goût de ce voyage de pêche. Klaus nous dit qu’il est temps de faire la route vers l’amont du parcours. ½ heure de route, au moins, mais ça en vaut la peine.

Une petite ½ heure plus tard, avec le soleil plein face à tel point qu’il était difficile de voir le chemin, nous arrivons au 75. Un pool magnifique. La rivière vient buter contre une falaise pour tourner à gauche. Bien évidemment elle se creuse dans le virage, lequel meurt dans un profond. Klaus me fait commencer en aval du virage, pour faire pêcher à André la partie amont, la meilleure. J’effectue un lancer, puis un autre et un autre encore, en gagnant à chaque fois un peu de distance. Je ne peux pas trop m’avancer dans l’eau en raison du fond, et la berge d’en face est à belle distance. Klaus me dit de lancer plus loin encore. Je fais ce que je peux pour allonger le tir et gagne quelques mètres. “Plus loin encore” me dit-il de la berge. “Pourquoi ?” lui dis-je. “Parce que les poissons sont contre…” Il s’arrête en me voyant sourire, réalisant que j’en tiens une qui a pris ma mouche au beau milieu de la rivière, et alors que la truite de mer exécute un saut. Après une jolie bagarre ponctuée de plusieurs sauts, j’amène à la berge une jolie truite de mer d’environ 3 kilos. Je peux continuer de pêcher, mais en moi-même je sais bien qu’avec les rushs et les sauts qu’elle a faits, toutes les autres truites de mer sont à présent sur leurs gardes, si elles n’ont pas fui.

André remonte pêcher l’amont du pool, mais il ne touche rien. Klaus décide qu’il est temps de changer de pool et d’aller à un autre pool prometteur. Ce pool, c’est un pool qu’il a découvert entre Kitchen et 75. Nous y arrivons alors qu’il commence à faire sombre. Klaus dit à André de commencer l’amont, et nous descendons un peu plus bas. Klaus me passe une assez grosse mouche noire, genre mouche à saumon, bien fournie, sur hameçon de 2. Il me montre une ligne d’herbier de l’autre côté de la rivière, que je devine plus que je ne vois dans la pénombre qui s’installe à présent. Nous nous sommes avancés dans l’eau jusqu’où nous pouvions, et bien que cette ligne ne semble pas bien loin, j’ai bien du mal à l’atteindre. Il y a très peu de vent, juste un petit souffle… de face. J’ai l’impression de lancer contre un mur : ça ne part pas. Plus haut, j’entends André jurer. “Perdu”. Puis “J’en tiens une ! Ah, m…, elle s’est décrochée !” Quelques instants plus tard : “Ça y est”, et plus tard il nous annonce la capture d’une truite de mer.

Moi je galère toujours contre ce mur. Klaus se marre. Et plus il se marre, moins j’y arrive. Et moins j’y arrive, plus il se marre. Je lui passe la canne pour qu’il essaie : à sa grande surprise, il ne fait pas mieux. A moi de me marrer. Bien que cela soit dommage, ça me réconforte un peu, je dois le reconnaître. Si lui n’y arrive pas, j’ai de bonnes excuses de ne pas y arriver non plus. Touche ! Une truite de mer vient de se saisir de la mouche en plein milieu de la rivière. Le lancer olympique n’était pas nécessaire. Elle se bat bien. C’est un joli poisson, solide et puissant. Comme pour prévenir les autres, évidemment elle saute. Finalement elle vient. “Essaie de l’empêcher de plonger dans l’herbier” me dit Klaus. Après un instant d’hésitation, la truite de mer glisse au-dessus de l’herbier. Je la tire jusqu’à la berge pour l’échouer. C’est un poisson d’environ 4 kilos qui ne demande pas son reste pour repartir après être passée entre les mains expertes du dentiste, Klaus.

Nous regagnons notre place pour continuer de pêcher, car Klaus me dit qu’il y a encore de l’espoir un peu plus bas. En amont, André continue de pousser des jurons. Il a des touches, des tirées, tient des poissons qui invariablement se décrochent. Je n’ai pas d’autre touche. Finalement, nous en resterons là et nous regagnons le Lodge vers 22h30. Avec trois truites de mer et de l'action aussi bien le matin que l'après-midi, je garderai un bon souvenir de cette seconde journée de notre voyage de pêche en Patagonie.

Suite

André Rivière et Klaus Frimor pêchant la truite de mer en fin d'après-midi, Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
André Rivière et Klaus Frimor pêchant la truite de mer en fin d'après-midi
Rio Gallegos, Patagonie, Argentine.
(Photo Thierry Willems)
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