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Pêche à la mouche : quel matériel et à quel prix ?

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La toute première truite
La toute première truite pour cette pêcheuse...
Rivière San Juan, Nouveau-Mexique, USA
(Photo Thierry Willems)

Je suis attiré par la pêche à la mouche, mais je crains que la technique ne soit trop difficile pour moi. En plus, il y a tellement de matériel disponible que je ne sais pas quoi acheter. Enfin, je vois de grandes différences de prix pour les cannes, les moulinets et les soies. Pouvez-vous me conseiller ?

Antoine V.

La pêche à la mouche souffrait, à l'époque où j'ai débuté (1978), de la réputation d'être une discipline compliquée et coûteuse. A l'époque elle semblait réservée à une certaine élite. Depuis, la pêche à la mouche a beaucoup évolué. Les bases de la technique ne sont pas difficiles à acquérir, à condition d'avoir un matériel bien adapté. Comme vous l'avez remarqué, il y a de grandes différences de prix, mais on peut dire que le prix du matériel de pêche à la mouche n'a cessé de baisser et sa qualité de s'améliorer.

La canne à mouche

A la fin des années 70 on trouvait trois sortes de canne à mouche :

Les cannes en fibre de verre étaient les plus courantes. C'était les moins chères et elles avaient l'avantage de ne nécessiter aucun entretien. Beaucoup de ces cannes étaient de piètre qualité, voire catastrophiques. Aujourd'hui, elles ont à peu près disparu. Ce qui veut dire que certains magasins continuent de les proposer. Fuyez-les ! Elles sont faciles à répérer : leurs éléments sont plus gros, leur prix est souvent très bas, elles ont parfois une poignée dite anatomique qui n'est pas en liège. Elles rendent la pratique de la pêche à la mouche très difficile et peuvent convaincre un débutant qu'il n'y arrivera jamais. C'est inadmissible.

Les cannes en bambou refendu étaient le haut de gamme depuis des années. On leur reprochait alors d'être chères, lourdes et fragiles. Leur action, en revanche, passait pour être excellente, notamment quand elle était parabolique. Aujourd'hui, elles sont devenues rares et souvent très chères, mais elles ont toujours leurs fervents adeptes. Certains artisans les ont fait considérablement évoluer et fabriquent de petites merveilles sur mesure. Malheureusement leur prix les rend inabordables à la majorité des adeptes de la pêche à la mouche.

Le carbone commençait à faire son apparition. Moins cher que le bambou refendu, il avait la réputation d'être très léger et fragile. J'ai acquis ma première canne en carbone en 1979, une 9' soie de 5. Son prix était de 1400 Francs, soit environ € 213. Imaginez le prix que cela représenterait aujourd'hui avec l'inflation que l'on a eue depuis ! Je ne m'en sers plus, mais je la possède toujours, et elle n'a jamais cassé. A l'époque c'était une canne fabuleuse. Aujourd'hui, une Loop Adventure II est mieux que cette canne, et pour à peine € 240, on a en prime un moulinet, une soie, une bobine de backing et un bas de ligne… J'aurais vraiment aimé un tel matériel pour me mettre à la pêche à la mouche.

La soie à mouche

Toujours à l'époque, on trouvait deux sortes de soie à mouche :

Les soies naturelles, que l'on devait graisser pour qu'elles flottent, connaissaient encore un certain succès. Elles étaient plus chères et nécessitaient un réel entretien. Elles nécessitaient une péRiode de rodage, elles devaient être soigneusement séchées après chaque partie de pêche, puis soigneusement graissée avant toute partie de pêche. En cours de partie de pêche, il leur arrivait de perdre leur imperméabilité et de se mouiller. Elles se mettaient alors à couler. C'était une véritable catastrophe quand on voulait pêcher en mouche sèche car il n'y avait pas d'autre solution que de cesser de pêcher, d'étendre la soie pour la faire sécher, puis de la graisser à nouveau : beaucoup de temps de perdu. Leur avantage était leur finesse et leur discrétion. Aujourd'hui, il ne reste que peu de fabricants de soies naturelles. Ces soies naturelles ont toujours leurs adeptes. Leurs avantages ne parviennent pas à masquer leurs inconvénients, et l'on peut dire sans grand risque de se tromper qu'elles n'ont pas d'avenir. Pourquoi ? Parce qu'il est impossible de les fabriquer en quantité suffisante pour satisfaire le marché. Considérez qu'une personne peut fabriquer environ 1000 soies naturelles par an car le processus de fabrication est long et nécessite des semaines de séchage. Comparez cela aux millions de soies vendues chaque année, ne serait-ce qu'aux USA…

Les soies en plastique avaient, déjà à l'époque, remplacé la soie naturelle. Elles n'étaient certainement pas sans défaut, mais offraient déjà l'avantage de pouvoir être produites en masse, d'être moins chères, et d'exister en différentes densités pour flotter ou couler plus ou moins vite. Les soies en plastique ont considérablement évolué depuis cette époque, et certaines sont tout simplement remarquables aujourd'hui. Bien sûr, les soies en plastique flottantes restent plus grosses à poids égal que les soies naturelles, mais cela est normal puisqu'il s'agit en fait d'un problème de densité. Les soies naturelles sont des soies naturellement légèrement plongeantes, qui ne flottent que graissées. Plus denses, elles sont plus fines. Pas convaincu ? Comparez la grosseur d'un kilo de plomb par rapport à un kilo de plumes.

Si à la fin des années 70, et même dans les années 80 et 90, les soies à double fuseau (DT) connaissaient une certaine vogue, c'est désormais fini. Presque tout le monde a bien compris que le profil à fuseau décalé (WF) était bien meilleur, qu'il facilitait considérablement le lancer. Au début, les soies WF avaient sans doute des problèmes d'équilibre. Aujourd'hui, les grandes marques comme Loop savent faire des profils parfaitement équilibrés, et adaptés à des conditions de pêche précises : rivière, réservoir, truite, saumon, mer, etc.

Le moulinet mouche

A la fin des années 70, les moulinets en vogue en France étaient automatiques. Ils étaient lourds. Avec l'allègement des cannes à mouche dû à la généralisation du carbone dans la fabrication des cannes à mouche, il a fallu alléger les moulinets qui déséquilibraient désormais les cannes. Au début des années 80, certains se sont tournés vers les moulinets manuels, d'autres vers les démultipliés, d'autres encore vers les semi-automatiques. C'est également à cette époque que la pêche dite "en réservoir" a vu le jour en France. Ceux qui s'y sont vraiment mis et qui ont eu à faire face à de vraies grosses truites combatives, sont passés, pour leur majorité, au moulinet manuel. Le moulinet manuel est en effet le seul à avoir un frein assez doux pour que le pêcheur qui pêche fin ne se fasse pas casser dès qu'il touche une truite digne de ce nom. Dans la seconde moitié des années 80, le premier moulinet Loop est apparu, le moulinet dit "large arbor" était né. Mais ce n'est que vers le milieu des années 90 qu'il s'est développé, et que ses copies se sont vite multipliées.

Vous pouvez déjà déduire de tout cela que la pêche à la mouche est aujourd'hui assez simple. Ce qu'il vous faut, c'est une canne en carbone, une soie en plastique WF dont le numéro est adapté à la puissance de la canne (c'est facile, le numéro est indiqué sur la canne), et un moulinet "large arbor", les meilleurs moulinets de ce type étant ceux fabriqués par leur inventeur, Loop.

Bien se lancer dans la pêche à la mouche

Pour débuter dans la pêche à la mouche, n'investissez pas des sommes astronomiques dans le matériel. Mais ne vous lancez pas dans la recherche du moins cher non plus, car cela risquerait de vous coûter fort cher au final. Faites confiance aux grandes marques plutôt qu'aux grandes enseignes commerciales. Une canne de marque, une soie de marque, un moulinet de marque sera toujours mieux qu'une canne, une soie ou un moulinet à l'enseigne de tel ou tel magasin.

Pas convaincu ? Prenons l'exemple d'un moulinet mouche. Les moulinets mouche peuvent être fabriqués de deux façons :

  • Soit ils sont usinés dans la masse, l'outillage nécessaire à les fabriquer ne coûte pas très cher, mais leur fabrication, prenant plus de temps, coûte plus cher. Les très beaux moulinets sont usinés, c'est le cas des Loop Evotec et Opti, en aluminium.
  • Soit ils sont moulés. Un moule est réalisé, ou plutôt deux, l'un pour le bâti, l'autre pour la bobine. Et un alliage ou un composite est coulé dans ce moule pour réaliser la pièce. La fabrication est évidemment plus rapide, elle coûte moins cher. Mais le moule coûte cher. Pour un moulinet mouche, il faut compter un investissement d'au moins 150.000 euros. Pour chaque taille de moulinet s'entend. Le marché français des pêcheurs à la mouche est tout petit et ne justifie pas à lui seul la fabrication d'un moulinet moulé spécifique. Il est nécessaire de commercialiser un tel moulinet à très grande échelle pour pouvoir le vendre pas trop cher. Sinon, la rentabilité est très mauvaise, ou le prix est trop élevé, et il faut alors rogner un peu partout pour en faire baisser le prix. C'est pourquoi la plupart des moulinets commercialisés sous le nom d'un magasin, ou d'une sous-marque, sont le fruit d'un seul et même fabricant, et se retrouvent commercialisés sous différents noms avec, parfois, de subtiles différences.

Même chose pour les soies. Il n'existe, à ma connaissance, guère plus d'une demi-douzaine de fabricants de soies au monde. Ce qui signifie que toutes les autres marques sortent de ces usines. Il est certes possible de modifier des profils existants et d'en inventer de nouveaux, puis de les faire fabriquer. C'est ce que fait Loop. Mais combien de marques ont les gens compétents pour créer un profil de soie ? La plupart se contentent en fait de choisir une qualité de soie, une couleur, un packaging, et de mettre leur nom sur la boîte, c'est tout. Et il ne peut en être autrement. Le plus grand marché de la soie à mouche est américain. Aucun autre pays au monde n'a suffisamment de pêcheurs à la mouche pour y justifier la présence d'un fabricant national. Et si un fabricant s'établit ailleurs qu'aux USA, il a une quasi-obligation de parvenir à vendre sur le marché américain s'il veut rentabiliser son usine.

Et que dire des cannes ? Concevoir une canne à mouche est au moins aussi technique que de concevoir une soie à mouche. Loop, comme les grandes marques, conçoit ses propres cannes à mouche. Mais la plupart des "marques" achètent des blanks (éléments de canne nus), voire des cannes toutes faites, et collent leur étiquette dessus. Le résultat n'est pas forcément mauvais, mais il est loin d'être garanti ou d'être constant comme pour les cannes des grandes marques.

Mon conseil, si vous souhaitez vous lancer dans la pêche à la mouche, ce à quoi je ne peux que vous encourager, est d'opter pour du matériel de grandes marques, non exclusives à un magasin ou à une chaîne de magasins. Loop fait partie de ces grandes marques. Et c'est l'une des rares marques à concevoir non seulement ses moulinets, mais aussi ses cannes, ses soies, ses bas de ligne, et plus généralement à peu près tout ce qu'elle propose. Bien sûr, Loop ne peut pas tout fabriquer soi-même. Mais pour tout ce qui est technique (cannes, moulinets, soies et bas de ligne, et aussi les vêtements), Loop conçoit. Un très bon ensemble pour débuter est l'ensemble mouche prêt à pêcher Loop Adventure II. Avec lui, vous êtes sûr de ne pas vous tromper.

Quand le père aide sa fille à relâcher sa toute première truite...
Quand le père aide sa fille à relâcher sa toute première truite...
Rivière San Juan, Nouveau-Mexique, USA
(Photo Thierry Willems)

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