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 Pollo et une truite de mer du Rio Gallegos, Patagonie, Argentine (Photo Thierry Willems)
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Bonjour,
Je pêche régulièrement la truite de mer sur la Canche (Pas de Calais) depuis pus de 10 ans aux leurres avec succès. Mais, étant également pêcheur à la mouche, je compte m'équiper pour ce poisson car les sensations sont sans aucun doute incomparables.
J'ai d'ailleurs lu avec beaucoup d'intérêt vos divers articles et consulté votre site Internet.
J'aurai quelques questions à vous poser :
1- la canne :
Je cherche une canne assez polyvalente c'est à dire bien adaptée à la recherche de la truite de mer mais aussi à la pêche des belles faRios au streamer, et au réservoir.
Si possible en 4 brins pour faciliter mes déplacements au cours de voyages.
Sur votre site j'ai pu lire que la puissance 7 était plus typée réservoir et que la 8 était plus à l'aise pour lancer streamers ou mouches à saumons et truite de mer.
Quelle puissance opter tout en gardant de bonnes sensations pour contrer 1 belle fario ou truite de mer (dont les sujets de 3-4 kg voire plus sont courants sur ma rivière).
Je précise que cette année je fais un voyage en Laponie avec Mr Millot et j'aurai l'occasion de pêcher les grosses truites de lac qui remontent le soir le cours inférieur de la rivière.
Quant à la longueur, je pense qu'il ne faut pas aller au delà de 9'6 mais peut-être avez vous un avis différent ?
2- la soie :
Quelle soie est la mieux adaptée pour mon cas (je précise que la Canche est une rivière plus large et plus profonde que la Bresle : une dizaine de mètres de largeur pour une profondeur souvent supérieure à 1 mètre, plus de 2 m dans les fosses dans son cours moyen).
Au départ, je songeais à une soie flottante équipées de polyleaders plus ou moins plongeants mais ce n'est peut être pas suffisant pour pêcher au bon niveau.
Quel modèle me conseillez vous et quels polyleaders faut il adapter ?
3- mouches
Je compte monter des tréportaises et DRL, pourrais je avoir des références précises d'hameçons (par exemple chez Tiemco) ?
Sébastien T.
Une canne à mouche pour pêcher la truite de mer peut très bien servir pour la pêche en réservoir, surtout s’il s’agit de pêcher au streamer. Dans la mesure où vous souhaitez vous déplacer, il est naturel de choisir une canne voyage en 4 brins.
Une canne de voyage en 4 brins
L’avantage d’une canne en 4 brins, quand on voyage, est évident : elle prend moins de place. Il existe des sacs de voyage assez grands pour recueillir une ou deux cannes à mouche en 4 brins dans leur tube. On n’a alors qu’un seul sac de voyage qui contient tout. L’intérêt est double. Les cannes à mouche, quand elles voyagent seules, sont traitées comme des objets encombrants par les compagnies aériennes. Certaines compagnies à bas coût, comme Ryanair, facturent un supplément pour les cannes à pêche. Très souvent, à l’arrivée, notamment à Paris Charles de Gaulle à qui je délivrerais biens volontiers la palme de la lenteur, les cannes arrivent bien après les sacs de voyage, tellement après que l’on se demande souvent si elles n’ont pas été égarées. Ce délai supplémentaire d’attente est gênant quand on a une correspondance à prendre. Et il est toujours source d’angoisse : les cannes sont-elles là ? Ont-elles été endommagées ? Il est vrai qu’au prix des cannes à mouche, on n’a pas envie de voir le tube arrivé plié à angle droit… D’autant que l’indemnité versée est en principe très inférieure au prix de la canne. Et puis quand on part pêcher à l’étranger, la dernière chose que l’on souhaite, c’est de devoir acheter sur place une nouvelle canne à mouche, ce qui est parfois tout simplement impossible. Pouvoir mettre ses cannes dans son sac de voyage est donc un avantage réel, car il y a moins de risque.
Bien entendu, une canne en 3 brins peut très bien voyager en cabine, et je l’ai fait à de maintes reprises. Le problème vient du fait que depuis les attentats du 11 septembre 2001, les compagnies aériennes ont renforcé les consignes de sécurité, et elles peuvent refuser, par précaution, votre canne à mouche en cabine. En fait, bizarrement, si vous emportez votre canne à la main, sans tube de protection, vous passerez plus facilement : sans tube de protection, il est impossible de mettre votre canne en soute ! Mais attention à ce qu’au moment d’embarquer, du personnel un peu zélé n’aille pas traiter votre canne à mouche comme un canif ou une pince à ongle : confisquée…
Question de choix, justement, chez Loop, il y a tout ce qui faut : à l'exception des Yellow, Adventure G3 et des ensembles prêts à pêcher Loop Adventure, toutes les cannes Loop sont en 4 brins, voire 5 pour les cannes mer.
Les nouvelles Loop Multi sont, quant à elles, étonnantes. Entendez par là que pour environ 300 euros, on ne s’attend pas à grand-chose d’une canne à mouche. Ce n’est pas le cas des Loop Multi qui sont des cannes à mouche vraiment très performantes pour un prix plus qu’abordable. On peut sans complexe les comparer à des cannes d’autres marques vendues deux à trois fois plus cher.
Aux USA, j’ai vu des Américains qui ne connaissaient les cannes Loop ni d’Adam ni d’Eve, comparer les cannes Loop avec des cannes à 600 dollars et plus (tous les prix aux USA sont affichés hors taxes), et les trouver mieux… Jusqu’à ce qu’ils apprennent le prix. Ils ont tous montré qu’ils avaient eu l’impression d’avoir été dupé : “Non, ce n’est pas possible, vous m’avez bien eu !”
Et je dirai que le prix, quand il s’agit d’une canne de voyage, est un facteur important pour au moins deux raisons à mon avis. Tout d’abord, il y a le risque évoqué plus haut, que la canne soit perdue ou cassée pendant le transport. Ensuite, il y a des cannes dont n’a besoin qu’à l’occasion d’un voyage particulier. Par exemple, quel usage avez-vous d’une canne à saumon à deux mains si vous habitez dans le Doubs et n’allez pêcher le saumon que 6 jours par an en Ecosse ? Ou d’une canne à truite de mer si vous ne pêchez que 6 jours par an en Patagonie ? Est-il raisonnable de dépenser une petite fortune dans une canne qui ne sert, au mieux, qu’une fois par an, en voyage ?
Les cannes à mouche Loop Multi semblent avoir été conçues à l’attention de ces pêcheurs-là : de très bonnes cannes à prix très raisonnable. Et ça, c’est vraiment bien. Car pour avoir fait pas mal de voyages de pêche depuis les années 80, j’ai vu trop de pêcheurs avec des cannes bas de gamme et inadaptées, parce qu’ils ne voulaient pas dépenser autant d’argent, dans une canne qui leur servait une fois par an, que dans leur canne de tous les jours. C’était pourtant un mauvais choix qui leur coûtait souvent très cher une fois sur place, avec le choix suivant : galérer tout le séjour avec le sentiment de perdre l’argent du voyage à cause d’une mauvaise canne ; acheter sur place une meilleure canne, mais beaucoup plus chère. Alors oui, une Loop Multi coûte quand même 2 à 6 fois plus cher que certaines cannes de grandes surfaces. Mais c’est une vraie canne à mouche… Et une canne à mouche dans laquelle Loop a mis tout son savoir-faire.
La puissance
Pour pêcher la truite de mer, la puissance passe-partout est la 7. On peut descendre à 6 quand on veut ou doit pratiquer une pêche plus fine, ou 5 même, pour rigoler, mais la vraie puissance d’une canne à truite de mer, c’est le numéro 7.
Pour pêcher la truite en réservoir au streamer, la vraie puissance est aussi la 7, surtout si l’on a recours à des mouches assez grosses et lestées, genre Dog Nobbler. Avec des petits streamers, non ou très peu lestés, une 6, voire une 5 peut faire l’affaire. Ça n’empêche pas que la puissance 7 est bien plus passe-partout pour pêcher au streamer.
La longueur
J’ai longtemps pêché avec des cannes longues, de 10’ à 10’6. J’en suis un peu revenu. C’est vrai qu’une canne longue facilite les lancers à grande distance. La soie voyage plus haut derrière, réduisant les risques de s’accrocher dans les hautes herbes. Et puis avec une bonne soie correspondant bien à la puissance de la canne, en 3, voire 2 faux lancers, on arrive facilement à mettre la soie au backing. Mais avec peut-être un peu plus de technique, on y arrive pareillement avec une canne plus courte. Une canne plus courte offre souvent plus de précision quand il s’agit de pêcher sur des rivières pas très larges. Une canne plus courte semble beaucoup plus légère à manier. Elle est plus légère sur la balance, elle est surtout beaucoup plus légère à manier en raison de sa moindre longueur : il y a moins de balan. Pour un pêcheur débutant, évidemment, la plus grande longueur aide à mieux sentir la soie tirer, et peut donc faciliter le lancer. Si c’est pour pêcher beaucoup en réservoir, un peu à la truite de mer, une 10’ peut être un avantage. Si c’est pour pêcher la truite de mer sur une grande rivière, la 10’ est toujours un bon choix. Si c’est pour pêcher beaucoup la truite de mer sur une rivière pas très large, et de temps en temps en réservoir, une canne de 9’6 est plus indiquée. Idem si vous pêchez en réservoir en barque ou en float-tube.
La soie
Difficile de conseiller une seule soie quand on en a essayé de différents types. La soie flottante a ceci d’universel qu’en plombant un peu la mouche ou en ajoutant un bas de ligne plongeant, on parvient à faire plonger la mouche. Mais avoir une soie intermédiaire ou plongeante est bien plus agréable et permet de mieux pêcher.
Loop propose trois soies qui plongent. Toutes ces soies sont soit à pointe plongeante, soit à tête plongeante. Aucune n’est entièrement plongeante. Ce qui est un énorme avantage quand on pêche en rivière, car la partie flottante de la soie permet un bien meilleur contrôle de la dérive de la mouche, et évite bien des accrochages dans le fond de la rivière, n’est-ce pas André ?
La Loop Multi à tête intermédiaire transparente est sans doute ma préférée. C’est tout l’avant de la soie qui est intermédiaire. Seul le running line est flottant. C’est une soie absolument fantastique que je recommande sans la moindre réserve. D’autant que la partie intermédiaire n’est pas du genre à hésiter à plonger, contrairement à certaines soies intermédiaires d'autres marques.
La Loop Multi à pointe plongeante est différente. Ici, ce n’est que la pointe de la soie qui plonge. De ce fait, et cela peut sembler étrange, c’est une soie qui plonge moins que la soie Loop Multi à tête intermédiaire. A utiliser quand les poissons sont près de la surface, donc.
La Loop Multi à tête plongeante reprend le principe de la Loop Multi à tête intermédiaire : c’est tout l’avant de la soie qui plonge. Seul le running line est flottant. C’est la soie qu’il faut quand on doit vraiment pêcher creux pour passer la mouche au ras de la gueule de poissons qui se tiennent sur le fond et rechignent à monter sur la mouche. De ce fait, son usage est tout de même moins universel que la Multi à tête intermédiaire, même si elle est indispensable dans certaines conditions.
Le bas de ligne
J’ai beaucoup pêché avec des bas de ligne plongeants, qu’ils soient tissés ou plastifiés (Poly Leader ou Poly Tip). J’ai essayé toutes les vitesses de plongée.
Dans les bas de ligne tissés, je n’ai jamais vraiment senti de grosses différences entre un bas de ligne slow sink (lent) et un fast (rapide) ou super fast. En réservoir et en laissant le temps passer, il y a effectivement un différence. Mais en rivière, avec le courant, la dérive ne dure pas assez longtemps pour qu’il y ait une grosse différence sensible.
Avec les Poly Tips de chez Loop, il y a une bien une différence. Ça se sent déjà lors du lancer. Il faut dire que les Poly Tips de Loop sont conçus pour pêcher avec des cannes à deux mains. En prenant les plus légers des Poly Tips, ceux pour soie de 7/8, on sent que le Poly Tip rajoute un peu de poids, surtout les plongeants. Et il est clair qu’ils entraînent la soie sous l’eau. C’est un peu comme si l’on pêchait avec une soie à pointe plongeante. Ce qui m’a amené à revoir ma position sur la question.
Je n’aime pas les soies traditionnelles à pointe plongeante car il y a une rupture de densité entre la partie avant, plongeante, et la partie arrière, flottante. Cette rupture de densité nuit à la précision et rend le lancer moins agréable.
Loop a réussi à faire qu’on ne sent pas cette rupture de densité avec ses soies. Voici pourquoi. La soie Loop Multi à pointe plongeante plonge peu et sur un faible longueur : on ne sent pas la rupture. Sur les soies à tête intermédiaire ou plongeante, c’est tout l’avant de la soie, jusqu’au running line, qui coule. Comme sur toutes les soies WF, on doit shooter quand on arrive au running line. Par conséquent, on ne sent jamais la rupture de densité : quand on fait les faux lancers, on est toujours sur la partie plongeante ; il n’y que lorsqu’on shoote qu’on sort la partie flottante de la soie. Cette façon de faire m’a réconcilié avec les soies à pointe plongeante.
C’est pourquoi j’ai tendance à ne plus utiliser de bas de ligne plongeant, que ce soit un tissé ou un Poly Tip, mais à revenir au bas de ligne monobrin en queue de rat, plus léger, plus précis et plus discret. En terme de discrétion, de précision et d’efficacité, Loop fait un bas de ligne sensationnel : le bas de ligne Loop Multi. C’est un bas de ligne monobrin en queue de rat qui n’est pas fini. Il est livré avec les instructions pour confectionner un excellent bas de ligne, long, que l’on ajuste en fonction du numéro de la soie. Ça semble un peu compliqué comme ça, mais si l’on suit les instructions, et que l’on sait faire un nœud pour raccorder deux bouts de nylon, c’est très simple et redoutablement efficace. Bien entendu, si l’on n’a pas besoin de trop de discrétion, on peut utiliser un bas de ligne plus court, surtout avec une soie à tête plongeante.
La mouche
Pour ce qui est des mouches, pour la Tréportaise, j’utilisais un hameçon saumon simple de chez Partridge, en taille 4. Pas un Low Water, mais un normal. Vous retrouverez cette forme chez Turrall sous la référence T940. Pour la DRL, j’utilisais un Mustad fort de fer, mais il avait une fâcheuse tendance à s’ouvrir sur les truites de mer, pour lesquelles il n’était visiblement pas conçu. Essayez le T921 de Turrall, il devrait convenir.
Et maintenant ? Et maintenant je pêche souvent avec des mouches que j’utilise pour le saumon en Russie et qui ne prennent pas qu’en Russie… Avec une aile en poils de renard arctique, sur hameçon Daiichi Alec Jackson. Mais j’ai bien l’intention d’essayer cette année les mouches que j’ai utilisées avec bonheur l’année dernière et cette année en Argentine, et qui sont… très différentes.
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 Pêche à la mouche de la truite de mer sur le Rio Gallegos, Patagonie, Argentine (Photo Thierry Willems)
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